té 1979. Une jeune fille, au pied de son immeuble, s’entraîne contre un mur. Elle frappe la balle avec sa raquette, inlassablement, pour devenir championne. Pour se sauver de l’enfance, du pays des hommes violents, pour échapper à la colère de son père, à l’amour en désordre de sa mère, pour mieux rêver à la femme qu’elle sera demain.
Son père l’a inscrite à un cours de tennis dès ses 6 ans. Avec son professeur Monsieur Bacha, elle a découvert ses forces invisibles et extraordinaires. Mais quand on la regarde, elle perd ses moyens, et les tournois. Désormais elle joue seule, face au mur, avec sa raquette signée Borg, ses cheveux courts, ses vêtements masculins. Tout s’estompe quand elle s’entraîne : la violence des siens, des hommes, sa propre violence. Elle frappe pour grandir, pour se souvenir de l’enfant qu’elle était et qui un jour a fait du mal, pour se pardonner cette faute. Elle a le don de ce sport et le don des mots, alors en renvoyant la belle elle se répète des histoires : la femme qu’elle deviendra, qui s’aimera et qui aimera vraiment, qui n’aura plus peur, qui se sera gagnée, elle.