"...De ce fleuve, la Garonne, qui relie leurs régions.Ce même fleuve qu'ils ont fréquenté de façon totalement différente, parce qu'il évolue, le long de son cours, s'adapte aux terres qui le bordent, aux populations qui l'habitent.Alors, de ce lien géographique trouvé, naît un lien métaphorique, poétique.Le fleuve devient un personnage littéraire, l'hétéronyme des deux poètes qui mettent de côté leurs aspirations personnelles, leurs recherches littéraires, pour fondre leur écriture en celle d'un troisième individu, un être d'eau. Quarante poèmes, comme un seul - le poème du fleuve.""Vient le souvenirc’était çale fleuve avalait les ombresprojetées sans le savoirhors la masse flouedes berges apatridesque deviennent ces mouvementspuisqu’ils vivent mobilesque regarde le cielquand les eaux ne se retournent plusvient le souvenirce n’était pas ça.Vient le souvenirtrituréuséjusqu’à plus rienjusqu’à peu d’eaudans les mains jointesdu fleuvec’est çales veines battentet c’est vertet tout reste en surfacec’est çaon ne cherche pas plus loinpas plus justeet à quoi bonon ne retrouveicique bouts d’écorceplastiqueau mieuxcette petite flaquequi vient toujours devantcomme en avancesur la mémoire."