Cet ouvrage interroge les présupposés épistémologiques et les fondements normatifs qui structurent la gouvernance contemporaine de l'intelligence artificielle. Il montre que les cadres éthiques dominants demeurent largement inscrits dans des traditions intellectuelles issues du Nord global et qu'ils participent à la reproduction d'asymétries de pouvoir au sein de l'économie politique de l'IA, limitant ainsi la capacité du continent à intervenir dans la co-définition des standards technologiques et des architectures de régulation. En mobilisant la philosophie de l'Ubuntu comme horizon herméneutique, l'ouvrage esquisse une éthique relationnelle de l'intelligence artificielle fondée sur l'interdépendance ontologique, la responsabilité partagée et l'orientation vers le bien commun. Articulant réflexion conceptuelle et enquête empirique menée auprès d'experts, de décideurs et de chercheurs engagés dans les débats contemporains sur l'IA, il soutient que l'activation des traditions philosophiques africaines peut contribuer à reconfigurer les cadres épistémologiques et normatifs qui sous-tendent aujourd'hui la gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle.