En novembre 2025, un décret exécutif américain inscrit les Frères Musulmans sur la liste des organisations terroristes étrangères, prolongeant une séquence prohibitive amorcée par plusieurs régimes autoritaires de la région. Plutôt que d'en discuter la validité empirique, cet ouvrage traite la mesure comme un analyseur : il interroge la performativité de la désignation terroriste, c'est-à-dire sa capacité non à décrire un objet mais à le constituer au sein d'un régime de véridiction déterminé.
L'analyse mobilise l'appareil conceptuel foucaldien - pouvoir, discours, gouvernementalité - et le réarticule autour de la notion de spiritualité politique, élaborée par Foucault lors de la séquence révolutionnaire iranienne de 1978. L'auteur examine la façon dont la rationalité néolibérale disqualifie cette catégorie et délégitime les formes de subjectivation politique qui s'en réclament, de l'Iran à la Palestine contemporaine.
En convoquant Foucault, Said et Shariati, ce quatrième volume propose une généalogie critique des dispositifs par lesquels une coalition transnationale s'arroge le pouvoir de définir les conditions d'existence politique légitime, et restitue à la spiritualité politique sa portée analytique.