Une des rares études en français
Tout au long de son oeuvre Giacomo Leopardi n'a eu de cesse de s'interroger sur les principes et les effets éthico-politiques d'un matérialisme radical - un matérialisme s'opposant à tout platonisme et à toute forme de philosophie défendant une raison abstraite et géométrique - contraire à la nature. Nous défendons ici la thèse de la continuité de ce matérialisme léopardien, allant du Zibaldone jusqu'aux Petites ?uvres Morales, en passant par la vertigineuse puissance amoureuse des Chants, comme condition de possibilité d'une philosophie de l'action éthique, politique et poétique, dans laquelle le singulier ne peut se comprendre que dans l'horizon collectif d'une nature-culture indivisibles (imagination, raison, passions, corps). La singularité-Leopardi est-elle aussi l'indice d'une multiplicité qui résonne beaucoup plus avec d'autres singularités, Machiavel, Giordano Bruno, Spinoza, Hölderlin, Nietzsche. On propose ainsi une traversée de la vie et de l'oeuvre de Leopardi qui ne se veut pas exhaustive mais qui insiste sur l'une de ses lignes de « tension », indispensable pour « construire » une éthique matérialiste de la puissance humaine. Leopardi devient par là un dispositif de pensée permettant de tracer les linéaments d'une pragmatique littéraire qui vise en permanence à créer les possibilités d'une vie nouvelle, dans le sillage, déterminant pour la compréhension de la culture italienne, de l'oeuvre dantesque?: la parole au service de la vie et la connaissance comme cause de la « vertu ».